mardi 17 avril 2018

Passager de l'improbable: Sun Ra sur Impulse!


Dos de la pochette de Atlantis (Impulse/ABC AS-9239) (détail). 

«Paragraphe 6: DROITS SIMILAIRES SUR LES PLANÈTES AUTRES QUE LA TERRE. La Compagnie consent à ce que tous les droits décrits au paragraphe 5 ci-dessus, ainsi que tous autres droits de distribution et de vente au détail, sur les planètes autres que la Terre (incluant, mais non limitées à Saturne, Pluton, Jupiter et Mars) devront appartenir exclusivement à Sun Ra.» -extrait de l'ébauche du contrat liant Sun Ra et ABC/Impulse!, tel que révisé par Alton Abraham.

On chercherait longtemps dans l'histoire de la musique pour trouver un personnage aussi unique et complexe que Sun Ra, né Herman Blount dans l'Alabama en 1914, mais que la plupart de ses proches appelaient tout simplement "Sonny". On peut prendre sa musique et sa philosophie par plusieurs bouts, et ceux qui le découvrent tout juste feraient bien de se procurer le livre remarquable de John F. Szwed, Space is the Place: The Lives and Times of Sun Ra (Da Capo Press). Un des épisodes les plus remarquables de sa longue carrière fut certainement la tentative de la mythique étiquette Impulse! pour produire ses albums et rééditer son catalogue, dont les pressages originaux, produits souvent en très petites quantités sur son étiquette Saturn, comptent parmi les disques les plus rares de tous les temps, déjà très recherchés par les collectionneurs - même dans les années 1970. Comme à peu près tout ce qui touche Sun Ra, c'est une histoire compliquée au possible, dont je vais modestement tenter de démêler les fils ici.

Vers 1972, Sun Ra et son Arkestra sont probablement au sommet de leur notoriété. Ayant tourné en Europe et en Égypte, puis séjourné en Californie l'année précédente (sur l'invitation de Bobby Seale, ils avaient habité dans une maison appartenant au Black Panther Party et Sun Ra avait présenté des conférences à l'université de Berkeley sous le thème: «l'Homme Noir et le Cosmos»), ils y avaient également tourné le film Space is the Place. C'est sous ce même titre que paraîtra, en 1973, un album produit pour Blue Thumb, label dont la circulation dépassait largement n'importe quelle étiquette sur laquelle l'Arkestra avait pu apparaître jusqu'alors. (Comme rien n'est jamais simple, la trame sonore du film Space is the Place paraîtra sur CD en 1993 (dans l'exemplaire série de rééditions amorcée par l'étiquette Evidence), quelques années avant la réédition de Space is the Place (l'album), qui demeure encore aujourd'hui la seule réédition de Sun Ra parue sur Impulse!, même si ce n'était pas encore Impulse! qui produisait ses disques à l'époque. Vous suivez toujours? Refermons la parenthèse et continuons...). 

Producteur de Space is the Place (l'album), Ed Michel est alors chez ABC, qui contrôle Impulse!, label qui dans les années 1960 avait abrité les John Coltrane, Max Roach, Charles Mingus, Yusef Lateef, Archie Shepp, Sonny Rollins, Pharoah Sanders, Marion Brown,... bref, toute une génération de musiciens créatifs. L'ajout de Sun Ra à ce catalogue semblait alors logique, ou du moins possible, surtout dans l'atmosphère des années 1970 où la contre-culture et tout ce qui était underground semblait subitement prêt à faire surface. Jusqu'alors, Sun Ra avait été un pionnier de l'auto-promotion et du mouvement DIY en fondant El Saturn au milieu des années 1950, faisant presser ses albums en petites quantités, dessinant souvent lui-même ses pochettes (avec ses musiciens, et parfois à la main) et les vendant par la poste ou lors de ses concerts. Outre un album pour Savoy et trois enregistrements pour le label underground ESP-Disk', la plupart de ses albums étaient donc tirés de son propre catalogue ou de quelques aventureux labels européens (BYG, Shandar, MPS, Black Lion), qui commençaient alors à s'intéresser à ce phénomène intergalactique... C'est dans ces circonstances que Michel approcha Sun Ra et ses associés de chez Saturn avec l'intention de rendre disponible son catalogue et de faire paraître de nouveaux enregistrements. La tâche était quand même considérable: déjà au début des années 1970, Sun Ra avait une bonne trentaine d'albums dans son catalogue. Le plan était donc de ressortir ces titres sur Impulse! et de documenter les compositions les plus récentes de Sun Ra sur une série de nouveaux enregistrements. 17 rééditions et 4 nouveaux albums furent envisagés, en plus d'une compilation qui aurait dû s'appeler Welcome to Saturn. Mais tenter de faire entrer les hommes de Saturne dans les couloirs tortueux de la music business n'est pas une mince affaire, et le partenariat ne durera pas plus de deux ans. Finalement ce furent 8 rééditions (toutes avec de nouvelles pochettes) et 2 albums qui verront le jour, parus de 1973 à 1975, dont les oeuvres majeures que sont Jazz in Silhouette (enregistré en 1958), The Magic City (enregistré en 1965) et Atlantis (enregistré en 1967-69).


Les deux nouveaux albums, Pathways to Unknown Worlds et Astro Black, sont remarquables en ce qu'ils permettent d'entendre le travail de l'Arkestra dans les meilleures conditions sonores possibles (ils furent même enregistrés en quadraphonie, technologie fort en vogue à l'époque) - les familiers du catalogue Saturn savent que les productions de Sun Ra n'apparaissaient habituellement pas tout à fait dans les catalogues pour audiophiles... Les pièces sont le plus souvent bâties sur des ostinatos, et leur logique structurelle repose volontiers sur la sonorité pleine de la contrebasse de Ronnie Boykins, permettant aux autres solistes (l'orgue de Sun Ra en premier lieu) de tisser leurs incantations cosmiques, ponctuellement soutenues par une section de percussions toujours très présente dans les tapisseries sonores arkestrales. Astro Black en particulier est un album injustement oublié dans la vaste discographie de Sun Ra. La pièce-titre est un de ces chants cosmologico-philosophiques répétitifs typiques, mettant en évidence la voix de June Tyson. 


À l'ère du CD, en plus des rééditions déjà mentionnées ci-dessus, d'autres bandes inédites enregistrées lors des mêmes sessions (ou du moins à la même époque) firent surface, notamment un album double baptisé The Great Lost Sun Ra Albums: Cymbals & Crystal Spears, deux disques mettant en vedette des combinaisons réduites tirées du personnel de l'Arkestra; Boykins est encore une fois une présence déterminante sur Cymbals. La réédition de Pathways, pour sa part, comportait tout un album en bonus, album baptisé Friendly Love et qui aurait aussi dû paraître sur Impulse!. 

Maintenant que le vinyle est pour ainsi dire revenu à la mode, les rééditions, compilations et parutions se multiplient et le catalogue de Sun Ra n'a pas été aussi bien garni depuis une vingtaine d'années... mais même les amateurs chevronnés de l'Arkestra ont parfois du mal à s'y retrouver. On peut toutefois recommander sans hésiter les titres parus chez Art Yard et chez Modern Harmonic, deux étiquettes qui semblent se consacrer sérieusement à rééditer le catalogue et Sun Ra et avoir accès à des bandes inédites. Modern Harmonic a justement fait paraître en éditions limitées, à l'occasion du plus récent Record Store Day, une réédition de Astro Black et un album double intitulé The Cymbals/Symbols Sessions, réunissant la moitié des Great Lost Sun Ra Albums et un disque complet d'inédits tirés de la même session.

On pourrait noircir des pages et des pages à propos de la discographie de Sun Ra, mais comme le personnage lui-même, son oeuvre enregistrée est pratiquement insaisissable. Le mieux est probablement de se laisser porter par la musique...


Discographie: 

Atlantis, Impulse/ABC AS-9239 (LP), 1973. 
The Magic City, Impulse/ABC AS-9243 (LP), 1973. 
Astro Black, Impulse/ABC AS-9255 (LP), 1973.
Fate in a Pleasant Mood, Impulse/ABC AS-9270 (LP), 1973. 
The Nubians of Plutonia, Impulse/ABC AS-9242 (LP), 1974. 
Angels and Demons at Play, Impulse/ABC AS-9245 (LP), 1974. 
Super-Sonic Sounds, Impulse/ABC AS-9271 (LP), 1974.
Jazz in Silhouette, ABC Impulse ASD-9265 (LP), 1975. 
Bad & Beautiful, ABC Impulse ASD-9276 (LP), 1975. 
Pathways to Unknown Worlds, ABC Impulse ASD-9298 (LP), 1975. 

Space is the Place, Impulse! IMPD-249 (CD), 1998. 
The Great Lost Sun Ra Albums: Cymbals & Crystal Spears, Evidence ECD 22217-2 (CD double), 2000. 
Pathways to Unknown Worlds + Friendly Love, Evidence ECD 22218-2 (CD), 2000. 

Astro Black, Modern Harmonic MH-8080 (LP et CD), 2018. 
The Cymbals/Symbols Sessions, Modern Harmonic MH-8083 (LP double et CD double), 2018. 

dimanche 8 octobre 2017

Hors des voûtes: Blue Note Records Presents The Lost Sessions


Various Artists: Blue Note Presents The Lost Sessions
Blue Note, série Connoisseur 7243 5 21484 2 4
Enregistré en 1960, 1961, 1962, 1965 et 1966, paru en 1999. 

Une pochette faisant appel à une forte typographie, des photos classiques de Francis Wolff, des noms comme Herbie Hancock, Ike Quebec et Duke Pearson: nous avons indéniablement affaire à un classique de chez Blue Note, non? Eh bien... pas tout à fait. 

Paru en 1999, au plus fort de «l'Ère du CD», The Lost Sessions est né des recherches de Michael Cuscuna et Michel Ruppli pour la nouvelle édition de leur livre The Blue Note Label: A Discography (originalement publié en 1988 mais remanié pour la nouvelle édition de 2001). Comme Cuscuna l'explique lui-même dans les notes de ce CD, il s'agissait alors de démêler lesquelles parmi les nombreuses sessions d'enregistrement jamais parues de toute la (longue) histoire de ce label culte étaient véritablement impubliables (jugées insatisfaisantes, donc rejetées) et celles qui étaient tout simplement complètement (ou du moins partiellement) inédites. Agissant comme producteur de rééditions au sein du label, Cuscuna avait accès aux légendaires «voûtes» de Blue Note et put donc vérifier par lui-même ce qu'il en était. Bien lui en pris car les quelques 73 généreuses minutes de cette anthologie renferment quelques pépites qui seraient autrement restées bien cachées dans cette caverne d'Ali Baba du jazzophile...

Charlie Rouse n'est pas un nom qu'on identifie spontanément à l'écurie Blue Note. Même parmi les rares disques parus hors de son association avec le grand Monk, on retiendra plus volontiers ses sessions pour Jazzland (Takin' Care of Business) ou Epic que son unique disque Blue Note, enregistré en 1962, au plus fort de la «nouvelle vague» brésilienne (Bossa Nova Bacchanal). Pourtant, Alfred Lion devait le réinviter à des sessions d'enregistrement en 1963, puis en 1965, sans grand succès. De cette dernière séance, Cuscuna sauva tout de même un excellent One For Five, où le grand ténor brille auprès de Freddie Hubbard, McCoy Tyner, Bob Cranshaw et Billy Higgins... Il est quelque peu déstabilisant d'entendre son phrasé si habituel dans la musique de Monk dans un autre contexte, particulièrement accompagné par Tyner, mais la pièce a tout d'un classique hard-bop/post-bop de chez Blue Note, et il est dommage que le reste de la session n'ait pas été du même calibre...

Compositeur et arrangeur essentiel de la première époque du bop, Tadd Dameron avait en 1961 ses meilleures sessions derrière lui, mais quelles sessions! - il faut jeter une oreille sur The Complete Blue Note Recordings of Fats Navarro and Tadd Dameron pour entendre ce pianiste-compositeur au sommet de son art. Pourtant, les quatre pièces incluses ici sont quand même précieuses à plus d'un titre: elles lui permettent de graver ses dernières faces à la tête d'une petite/moyenne formation (un octette ici), elles mettent en vedette d'excellents musiciens (Donald Byrd, Curtis Fuller, Cecil Payne, Paul Chambers, et surtout Philly Joe Jones qui, avec le groupe baptisé Dameronia, tentera plus tard de garder l'héritage de Dameron bien vivant), et elles nous font entendre un (relativement) jeune Sam Rivers à un stade jusqu'alors ignoré de son développement musical - on aurait par ailleurs du mal à reconnaître le musicien avant-gardiste des années 1970 uniquement par le thème gospelisant et funky de sa composition The Elder Speaks - c'est à dire avant d'entendre son ténor incendiaire et aisément identifiable dans les deux dernières minutes de la performance... Mais les trois autres pièces appartiennent totalement au grand esprit musical qu'était Dameron: son solo tout en silences et en discontinu sur Bevan Beeps donne tout son caractère à cette pièce d'une modernité proche de Herbie Nichols; Lament for the Living et Aloof Spoof révèlent la force de son écriture pour un groupe de cette taille, faisant appel à la sonorité relativement inhabituelle du cor de Julius Watkins pour enrichir ces deux thèmes. Malheureusement, des problèmes liés à la copie des partitions empêchèrent cette session d'aboutir, mais nous pouvons être reconnaissants que les 20 minutes présentées ici aient fini par voir le jour pour augmenter la discographie de Dameron, qui n'a de toute façon jamais été particulièrement volumineuse.

Si Duke Pearson fut également un pianiste et compositeur de valeur, on le connaît surtout pour avoir été, entre 1963 et 1970, l'un des architectes du «son Blue Note», comme A&R Man, arrangeur, accompagnateur et parfois producteur, bref ni plus ni moins que le bras droit d'Alfred Lion. Ses propres disques sont souvent passés sous le radar, et cette session de 1960 encore plus, qui lui faisait rencontrer son prédécesseur comme A&R Man chez Blue Note, le saxophoniste Ike Quebec, ainsi que la section rythmique de Ahmad Jamal: Israel Crosby à la contrebasse et Vernel Fournier à la batterie. Si les trois ballades présentées ici n'avaient aucune autre qualité que de faire entendre le son généreux et le phrasé large de Ike Quebec, elles justifieraient déjà leur présence sur cette compilation... 

Alfred Lion, le patron de Blue Note, fut apparemment horrifié de la façon dont Sonny Stitt, musicien du laisser-aller s'il en était un, menait une session d'enregistrement. Le seul essai du grand saxophoniste pour le label restera donc un échec, mais la version endiablée de Lady Be Good, où Stitt échange les honneurs avec Dexter Gordon dans la plus pure tradition des duels de ténors, est toutefois assez irrésistible. Fréquent collaborateur de Stitt à l'époque, Don Patterson tient l'orgue. 

Pour ceux qui auraient encore envie de la belle sonorité de Ike Quebec, Blues on Trial sera une pièce supplémentaire le mettant en vedette, cette fois avec comme accompagnateurs le trio maison, les Three Sounds, mais avec le pianiste Gene Harris taquinant ici l'orgue Hammond, avec un certain brio. 

Il faut un mordu du catalogue Blue Note pour avouer plus qu'une familiarité passagère avec l'oeuvre du saxophoniste Fred Jackson, qui réalisa un seul album pour le label (Hootin' 'n Tootin') et participa aussi à des sessions de "Baby Face" Willette et Big John Patton. Une seule pièce est retenue ici de sa deuxième session (avortée) pour le label. Patton est également présent ici mais au piano (renversement de la situation du Ike Quebec ci-dessus) et met en place un solide boogie-woogie. Jackson est bluesy à souhait mais sans grande originalité et, ne devant pas atteindre la notoriété, il retourna rapidement au Rhythm & Blues et au travail de studio, qui le mènera de Little Richard et Lloyd Price à Frank Zappa, Alice Coltrane, Earth Wind & Fire et Rick James... 

Il est sans doute surprenant de trouver une pièce rejetée de Herbie Hancock sur cette anthologie des rendez-vous manqués, mais il est vrai que quelques mois avant l'élaboration de la trame sonore de Blow-Up, Hancock (se) cherchait... ou du moins essayait pour la première fois une voie entre le jazz très moderne qu'il interprétait à l'époque au sein du quintette de Miles Davis et une musique plus populaire, proche du soul, synthèse qu'il ne devait véritablement achever qu'au début de la décennie suivante. L'essai que représente Don't Even Go There n'est pourtant pas sans mérites, et Hancock savait, à l'instar de son patron du moment, bien s'entourer: on retrouve ici un Stanley Turrentine toujours habité par l'esprit du blues, en plus des guitaristes Eric Gale et Billy Butler et du légendaire Bernard Purdie, batteur spécialiste des grooves bien sentis.

Au final, cette compilation est par définition assez inégale, mais elle nous fait aussi réaliser à quel point le savoir-faire et le souci du détail ayant fait la renommée de Blue Note dans ses grandes années pouvait se faire ressentir jusque dans les ratés et les essais avortés, en plus d'ajouter de précieux documents aux discographies de figures aussi importantes que Tadd Dameron, Sam Rivers, Herbie Hancock et Charlie Rouse. Des fonds de tiroir, certes, mais de quel tiroir! 

mercredi 2 novembre 2016

Les disques Radio-Canada International (un AUTRE work in progress).

Ceux qui collectionnent les disques publiés entre la fin des années 1960 et les années 1980 par Radio-Canada/CBC sur l'étiquette Radio-Canada International connaissent les différentes pochettes utilisées pour les diverses éditions de ces albums. Mais leur chronologie exacte n'est pas toujours claire, et il ne semble y avoir aucun guide en ligne pour démêler les différents pressages. J'essaierai d'accumuler ici le plus d'informations possibles au sujet de ces différentes pochettes et étiquettes. 

Les pochettes

1. La première pochette utilisée pour ces éditions semble avoir été celle-ci, que je daterais de 1966-69 environ:


À noter que certains disques sont parus en collaboration avec d'autres labels, et ont donc quelquefois une pochette originale comme c'est le cas avec les deux premiers pressages du disque du Quatuor de Jazz Libre du Québec (CBC/London), le premier pressage de Jazzzzz de Lee Gagnon (CBC/Barclay) tout comme avec le disque double de Sonny Greenwich et Don Thompson (CBC/Sackville). 



2. Chronologiquement, la deuxième pochette devrait être celle-ci, utilisée probablement entre 1969 et 1972. 


3. Je ne suis pas certain de la chronologie, mais cette pochette semble aussi avoir été utilisée au début des années 1970, avec le label rose. 


4.  La pochette orange et blanche fut utilisée probablement vers 1972-1974. 


Noter le disque de Bill Evans au Camp Fortune, enregistré en 1974. Le label est rose et la pochette est une pochette générique trouée blanche, rose et violette (noter que le numéro de catalogue est hors-série, utilisant le préfixe RM): 


5. La pochette au «soleil» est la suivante, vers 1974-1976 (noter la variation avec une ouverture semblable aux pochettes pour singles 12"). 


6. La pochette blanche «à la portée» est assez courante, utilisée probablement vers 1976-1977. 


7. Je déduis que la pochette argentée devait être utilisée entre 1978 et le début des années 1980.  


8. Au début des années 1980, une pochette rouge personnalisée est utilisée, toujours avec le label bleu foncé:


Découvert récemment, voici le seul enregistrement connu du groupe du saxophoniste, flûtiste et joueur d'instruments à anche Sayyd Abdul Al-Khabyyr, animateur du café Mo-Jo dans les années 1970-1980. Malheureusement, il n'apparaît que sur une face de cet album double enregistré en 1980 et paru en 1983: 


9. Pochette du milieu des années 1980:


Je ne crois pas que celle-ci fut utilisée pour les disques de jazz, mais elle semble dater de 1987 environ: 


Il faudrait aussi ajouter la pochette générique brune et orange dédiée aux transcriptions d'émissions de radio, en opposition aux disques proprement dits. Ci-dessous, la transcription d'enregistrements d'Oscar Peterson avec le contrebassiste Austin Roberts, parue en 1990 (image de piètre qualité, c'est la seule que j'ai trouvée sur le web).



Les labels

Selon les années, les différents labels utilisés dénotent sans doute mieux les pressages que les pochettes. 

1. Le label utilisé à la fin des années 1960 était rayé vert et jaune:


2. Le label suivant est rose et fut utilisé avec les pochettes 2, 3 et 4 (les pressages les plus anciens avaient un deep groove): 


3. Le troisième label est bleu et semble correspondre aux pochettes 5 à 9:


4. Label (unique?) d'un disque de la chanteuse Almeta Speaks (RCI 542), vers 1982:


5. Label du disque de transcription radio d'Oscar Peterson mentionné ci-dessus (RCI 639, 1990):



Catalogue des titres jazz parus sur CBC Radio-Canada et Radio-Canada International

263: Lance Harrison Dixieland Band. 
264 / RCI 264: Maynard Ferguson Sextet (Enregistrement: mai 1967). Pochette 1. Pochette 4. Pochette 6. Pochette 7.
265: Maynard Ferguson and his Orchestra (Enregistrement: juin 1967). 
266 / RCI 266: Alex Read & His Tin Pan Alley Cats / Al Harris: The 5 Guitars of Al Harris (information incomplète).
267 / RCI 267: Pierre Leduc et son Quatuor (Enregistrement: septembre 1967). Pochette 1. Pochette 3. Pochette 7.
268 / RCI 268: Moe Koffman Quartet (Enregistrement: septembre 1967).
271 / RCI 271: Le Quatuor de Jazz Libre du Québec (Enregistrement: décembre 1968, originalement publié conjointement avec London, NAS 13515). Pochette des premiers et deuxième pressages. Pochette 2. Pochette 5. 
288 / RCI 288: Lee Gagnon: Jazzzzz (Enregistrement: mai 1969, également publié conjointement avec Barclay, 80086).
304: Joe Sealy Trio. 
305: Paul Bley Trio (Enregistrement: décembre 1968). 
306: Emile Normand Sextet (Enregistrement: juin 1969). 
307: Trio Pierre Nadeau (Enregistrement: janvier 1970). 
308: Gerry Hoelke Group: Goin' Down Home.
309: Brian Barley Trio (Enregistrement: juin 1970). 
371: Willy Girard: Jazz Violin (Enregistrement: octobre 1970). 
374 / RCI 374: Ron Proby: Evian: The Music of Ron Proby (Enregistrement: juillet 1972). 
375 / RCI 375: Billy Robinson: Evolution's Blend
376 / RCI 376: Herby Spanier: Forensic Perturbations.
377: Fred Stone: The Music of / La Musique de Fred Stone (Enregistrement: octobre 1972). 
378 / RCI 378: Sadik Hakim (Enregistrement: février 1973). 

RCI 379: Sadik Hakim: Plays Duke Ellington (Enregistrement: septembre 1974, réédition de The Canadian Concert of Sadik Hakim, Can-Am CA 1800).
RCI 380: Lou Hooper: Lou Hooper, piano (Enregistrement: février 1973). 
RCI 398: Art Maiste: Pianostyles
RCI 399: Sonny Greenwich: Sun Song: The Music of Sonny Greenwich (Enregistrement: février 1974).
RCI 400: Ted Moses Quintet: Sidereal Time.
RCI 416: Bernie Senensky Trio (Enregistrement: mars 1975).
RCI 420: Al Michalek Quartet: Voices (Enregistrement: juin 1973).
RCI 425: Eric Stach: Fruit From Another Garden (Enregistrement: avril 1975).
RCI 428: Electric Ninja Group / Sunship Ensemble: Pacific Rim (Enregistrement: décembre 1974 et octobre 1975).
RCI 441: Jane Fair Jazz Quintet (Enregistrement: décembre 1975).
RCI 445: Alvinn Pall Sextet (Enregistrement: mars 1976).
RCI 455: The Nick Ayoub Jazz Quintet: The Music of Nick Ayoub (Enregistrement: février 1977).
RCI 456: Doctor Music, Doug Riley, leader (Enregistrement: mars 1977).
RCI 473: The Bug Alley Band / Diane Tell.
RCI 474: "Big" Miller (Enregistrement: février 1978).
RCI 480: Don Thompson Quartet (Enregistrement: septembre 1977).
RCI 503: Fraser MacPherson, Salome Bey, Ed Bickert Trio, All-Star Jazz Sextet: Jazz Canada Europe '79 (Coffret 4 LP. Enregistrement: 1979).
RCI 509: Philippe Lapointe (Enregistrement: mars 1980).
RCI 518: The Harvey Silver Dixieland Band (Enregistrement: mars 1980).
RCI 520: Skywalk: Live in Detroit.
RCI 521: L'Orchestre Sympathique: Live in Detroit (Enregistrement: août 1980).
RCI 528: Karen Young (Enregistrement: février 1981).
RCI 529: Letta Mbulu's Band / Sayyd Abdul Al-Khabyyr's Band: An Evening of African Music (Album double. Enregistrement: Septembre 1980). 
RCI 532: UZEB: Live in/à Bracknell (Enregistrement: juillet 1981).
RCI 541: Pat Perez: Coasting (Parution: 1983).
RCI 542: Almeta Speaks (Enregistrement: mai 1982).
RCI 543: Roy Reynolds: Live at Annabelle's - En Direct de Chez Annabelle's (Enregistrement: février 1982).
RCI 544: The Michael Stuart Quintet: Live in Bracknell - En Direct de Bracknell (Enregistrement: juillet 1982).
RCI 600 / IBGF/RCI 600: Jazz-Pop: Music From Canada / The Netherlands / Sweden / Switzerland.
RCI 603: Reg Schwager Trio with Jeannette Schwager: Here and Now (Enregistrement: janvier 1985). 
RCI 639: Oscar Peterson, piano; Austin Roberts, bass.

RM 224: The Bill Evans Trio: Camp Fortune 1974 (Enregistrement: 1974).

CBC 302 / CBC 303 / Sackville C2002 / C2003: Don Thompson / Sonny Greenwich: Love Song for a Virgo Lady / The Old Man and the Child (Enregistrement: janvier 1970).